Trouble de l'attention / hyperactivité (TDAH)
- Morgane Chevallier

- 5 mai 2021
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 14 févr.
Le trouble de l’attention/hyperactivité se caractérise par des difficultés à être attentif et à se contrôler en comparaison à la moyenne des enfants de leur âge.

Le Trouble Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH) fait partie des troubles du neurodéveloppement (TND) qui sont un ensemble de troubles liés à un développement ou un fonctionnement différent des processus cognitifs, apparaissant dès la naissance et sont observés dès l’enfance. Plusieurs facteurs influencent la présence et l’expression des TND : biologique, génétique, sociale, environnementale… On observe également des facteurs de risques : naissance prématurée, tabagisme durant la grossesse, hérédité…
Le TDAH a un impact sur différentes sphères cognitives :
L’inattention : difficulté voire impossibilité à se concentrer notamment sur des tâches répétitives ou ennuyeuses, distractibilité, oublis fréquents, difficultés à mener des projets à leur terme, à suivre les consignes, désorganisation, problème de gestion du temps et de planification…
L’impulsivité : tendance à agir sans réfléchir aux conséquences éventuelles, prise de risques, dépenses irréfléchies, impatience, tendance à couper la parole…
L’hyperactivité (n’est pas systématique) : besoin de bouger, agitation mentale, difficulté à rester en place, forte intensité dans ses activités ce qui peut être fatiguant pour l’entourage, difficultés de sommeil…
Le TDAH se caractérise par une difficulté générale de régulation qui peut toucher l’attention, les comportements mais aussi les émotions. Il y a un continuum entre « normal » et « pathologique », ce qui fait la différence entre des comportements dits normaux et un trouble c’est la fréquence et l’intensité des symptômes ainsi que les répercussions sur la vie de la personne.
Les symptômes du TDAH sont les mêmes enfant ou adulte mais leur manifestation évolue avec l’âge, l’hyperactivité ayant souvent tendance à être intériorisée avec l’âge avec l’assimilation des codes sociaux et la maturation cérébrale. Les symptômes doivent être observés avant 12 ans, même si parfois l’accès à ces souvenirs est difficile et manque de fiabilité. Ces manifestations varient d’une personne à l’autre et peuvent impacter la scolarité, le travail, les relations sociales et le bien-être général, ce de manière plus ou moins sévère selon les individus au point d’être parfois très invalidant au quotidien. Pour certaines personnes, il est alors difficile de conserver un emploi classique, se tournant plus vers des métiers polyvalents ou de l’entrepreneuriat. Il est fréquent qu’on observe des comorbidités, c’est-à-dire la présence d’autres troubles.
Un dépistage précoce permet de limiter les impacts négatifs sur la vie et l’estime de la personne, amenant à une diminution des symptômes à l’âge adulte par la mise en place de stratégies adaptées de compensation. Le diagnostic tardif et le manque d’accompagnement thérapeutique adapté précoce amènent des difficultés supplémentaires et peut mener à l’apparition de commodités notamment de troubles anxieux-dépressifs, à un risque plus élevé de consommation de substances, à un plus fort taux de chômage…
Le diagnostic se fait via un entretien clinique par un.e professionnel.le de la santé mentale (psychologue, neuropsychologue, psychiatre…). Il est recommandé de faire un bilan neuropsychologique completpermettant d’avoir une compréhension fine du fonctionnement cognitif de la personne et du retentissement du trouble sur son fonctionnement.
A la suite du diagnostic :
Un programme d’accompagnement avec des outils psychologiques doit être mis en place. Il sera individualisé et évolutif, basé sur l’évaluation des symptômes du TDAH de la personne en fonction de l’expression et de l’impact du trouble sur sa vie. Dans l’idéal il doit être construit en collaboration avec la personne concernée et son entourage si possible. La psychoéducation est essentielle aussi bien pour le ou la patient.e que ses proches. L’hygiène de vie, c’est-à-dire l’alimentation, le sommeil, l’activité physique ; joue un rôle très important dans la sévérité des symptômes, c’est pourquoi il est crucial de ne pas la négliger.
La possibilité de mettre en place un traitement médicamenteux à base de méthylphénidate (MPH). Il s’agit d’un psychostimulant qui vise à réduire l’impact du TDAH sur le quotidien. Il a peu d’effets secondaires et les études scientifiques montrent une balance très positive en faveur du médicament. Il est néanmoins nécessaire de faire un bilan pré-thérapeutique avant la prise du médicament notamment pour s’assurer de l’absence de contre-indications comme des troubles cardiaques préexistants (le médicament ne créant pas de troubles cardiaques mais pouvant faire évoluer des pathologies déjà présentes). Il existe également un autre type de médicament non psychostimulant en cas de contre-indication du MPH.
Constitution d’un dossier MDPH afin de mettre en place des dispositifs ou des aménagements en milieu scolaire ou professionnel.
Quelques chiffres clés :
Prévalence dans la population environ 6% des enfants et 3% de la population générale adulte
2 hommes pour 1 femme, mais ce chiffre sera réévalué au fur et à mesure des années en raison du sous-diagnostic important des femmes lié à des critères diagnostiques peu adaptés aux formes féminines du TDAH qui ont tendance à plus masquer leurs symptômes.



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